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Elsass
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Thierry Schoen

le Mer 15 Oct 2014, 08:25
Thierry Schoen, la Berri dans le sang
Article du 02/10/2014 - Ludovic Mesnard L' Echo du Berry
http://www.echoduberry.fr/actualite/Thierry-Schoen,-la-Berri-dans-le-sang-3766.html


Ce chef d'entreprise de 58 ans est depuis dix mois le nouveau président de la société anonyme sportive professionnelle de la Berrichonne de Châteauroux.

Depuis le 20 décembre 2013 et sa nomination à la présidence du club de football castelroussin, Thierry Schoen se dit « en mission, parce que j'adore cette ville et ce département et que je veux rendre à la Berri tout ce qu'elle m'a donné ». La mémoire dans la peau, le quinquagénaire ne veut pas oublier d'où il vient. Laisser tomber la Berri, que sa société soutient comme partenaire depuis plus de cinquante ans maintenant, serait comme tourner le dos à ses racines, à l'histoire de sa famille et notamment à celle de son père d'origine alsacienne venu en Berry après la guerre pour jouer au football.

L'ombre du père
« C'était en 1948, rappelle Thierry. Roger Mindonnet – je le considère aujourd'hui comme mon papi – un défenseur originaire de Châteauroux qui a porté quatre fois le maillot de l'équipe de France et qui jouait alors au Racing club de Strasbourg, avait été mandaté par la Berrichonne pour trouver un gardien de but. Il avait entendu dire que mon père, René, était un bon gardien. À l'époque, il jouait en Division d'honneur à Koenigshoffen, un club de quartier de Strasbourg, mais également en équipe d'Alsace, où il vait pour remplaçant François Remetter qui allait participer aux Coupes du Monde 1954 et 1958. Mon père a joué de 1948 à 1960 à la Berrichonne, sans jamais vouloir passer pro, tenant à faire un 'vrai métier' ». Marié à Germaine en 1949, René aura deux fils, Patrick, né en 1950, et Thierry qui verra le jour en 1956. Métreur en bâtiment de métier, René se met bientôt en tête de devenir marchand de bière. « Ma mère, qui avait fait une école de gestion et était trilingue, occupait un poste de chef comptable des magasins généraux sur la base de l'OTAN. Elle gagnait mieux sa vie que lui, une situation difficile à supporter pour un homme à l'époque. C'est en voyant une publicité Kronenbourg qu'il s'est mis en tête d'en vendre à Châteauroux, où la bière n'était pas très bonne. Mais la Kronenbourg ne se vendait qu'en Alsace. Sans un sou en poche, il est allé voir le patron de la brasserie, le père Haat, et l'a convaincu qu'il était capable de vendre un wagon entier de bière en deux à trois semaines. Quand le wagon est arrivé en gare de Châteauroux, le chef de gare a d'abord cru à une erreur. Et il a fallu qu'il accepte de fermer les yeux, afin que mon père prenne trois caisses et les vende immédiatement au bar d'en face, pour récupérer les 3,50 francs qu'il fallait normalement acquitter pour ouvrir les scellés sur le wagon ».
Le début d'une véritable saga. Créés en 1952 à Châteauroux dans la cour de l'usine Balsan près de l'hippodrome, les établissements R. Schoen ne comptaient encore seulement qu'une douzaine de salariés en 1981, à la mort de René Schoen, avant que la petite entreprise familiale ne devienne un petit empire de la distribution de boissons sous l'impulsion des deux fils, Patrick, l'aîné, et Thierry, entrés dans la maison respectivement en 1972 et 1977. Thierry juste après un bac + 2 Techniques de commercialisation suivi à Tours.
La société réalise aujourd'hui 60 M€ de CA et compte des entrepôts dans huit départements du centre de la France, ainsi qu'une plate-forme logistique à Bourges, représentant au total quelque 200 salariés. Les frères Schoen ont également été à l'origine de la création en 2004 de C10, un réseau de distributeurs indépendants, devenu leader en France dans la distribution CHD (con-sommation hors domicile, comprenez dans les cafés, restaurants...).

Gardien des intérêts du club
Si Thierry a toujours apprécié le sport – il a pratiqué le rugby, le judo, aujourd'hui le golf – c'est certainement dans le football qu'il s'est le plus accompli, avec le goût de la compétition (« je ne suis jamais rentré sur un terrain pour faire match nul »). Comme son père, c'est au milieu des buts qu'il a planté ses 184 centimètres, successivement  sous les couleurs de la Berri, puis de Vatan, Aigurande – d'où est originaire Isabelle, son épouse – et du Poinçonnet, arrêtant prématurément au moment du décès de son père.
« Je n'avais pas vraiment de modèle, mais je me souviens que Lev Yachine (ndlr : seul gardien à avoir obtenu le ballon d'or) dans sa tenue noire m'impressionnait, ainsi que l'Allemand Sepp Maier un peu plus tard ».
Supporter de toujours de la Berrichonne, son arrivée dans le club castelroussin s'est concrétisée en 1989 au moment où Claude Jamet est allé chercher Michel Denisot pour qu'il reprenne les rênes, avant qu'une poignée d'entrepreneurs ne participe à la création d'une société anonyme à objet sportif (SAOS) en 1991 scellant les débuts du football professionnel en Berry. L'aube d'une nouvelle ère marquée par une accession en D1 (1998) et une finale de la Coupe de France (2004), synonyme de Coupe d'Europe, sous la direction d'un certain Victor Zvunka, avec lequel Thierry est resté très lié. Devenu administrateur au sein de la SASP (société anonyme sportive professionnelle) en 2008, il intervient d'abord au sein de la commission Centre de formation. Les choses se bousculent lorsque Patrick Le Seyec annonce en novembre 2013 qu'il se retire de la présidence. Le club a alors un mois pour lui trouver un successeur. « Michel Denisot était tout désigné mais ne souhaitait pas hériter d'un poste qu'il avait déjà occupé et alors qu'il ne vivait pas sur Châteauroux. C'est lui qui m'a demandé d'accepter cette responsabilité. Rien n'était prémédité ».
Catapulté à la tête du club le 20 décembre avec une nouvelle équipe dirigeante, Thierry hérite d'une situation sportive et financière délicate et vit neuf premiers mois de présidence particulièrement compliqués. Le club termine 18e de Ligue 2 au terme de la saison 2013/2014 synonyme de relégation en National, avant d'être finalement repêché au détriment de Luzenac à trois semaines de la reprise du championnat. « Il a fallu construire une équipe, remettre en place un organigramme, bâtir un budget sérieux pour convaincre la DNCG (ndlr : le gendarme financier du foot) en très peu de temps, rappelle Thierry. Heureusement, nous avons  la chance d'avoir Michel Denisot qui oeuvre avec son réseau et son entregent. Morald Chibout (ndlr : directeur d'Autolib) nous a apporté son enthousiasme, Daniel Beaujean et Thierry Sanselme ont l'expérience. Avec ces quatre vice-présidents et Bruno Allègre, le président délégué, nous formons une vraie équipe. Le foot est un sport collectif, le club et sa direction répondent à la même logique».
Les valeurs qu'il entend défendre sont « la solidarité, le don de soi, le courage, l'amour du maillot, le respect, la générosité, le goût de l'effort. Notre recrutement a été mené dans cet esprit. Notre nouvel entraîneur, Pascal Gastien, correspond bien à ces valeurs. Mon message auprès des pros est de leur rappeler qu'ils sont des marchands de rêve,  que leur rôle est de rendre à nos supporters et nos partenaires l'enthousiasme, la confiance, qu'ils nous portent »

« Le foot, ça n'est pas qu'une histoire de fric »
Pour souligner la sincérité de son engagement, Thierry rappelle qu'il n'est « rien dans le club» ou presque (il détient un peu plus de 2 % du capital), mais avant tout le garant des intérêts d'un club qui a pour lui toutes les capacités pour évoluer en Ligue 2 :
« Nous avons les structures et notamment un centre de formation de qualité. Nous avons aussi l'expérience de ce niveau que nous n'avons jamais quitté depuis vingt ans et l'âme requise. Car le foot, ça n'est pas qu'une histoire de fric, c'est avant tout un projet collectif animé par la passion, même s'il est plus compliqué à mener à Châteauroux que dans de plus grosses villes. Et ce n'est pas une hérésie de viser la Ligue 1 à moyen terme. Mais, pour l'instant, nous nous soignons d'un traumatisme et nous allons d'abord chercher à pérenniser le club en Ligue 2 avant d'y jouer les premiers rôles dans deux ou trois ans. Ça n'a rien d'impossible puisque nous l'avons déjà fait par le passé ». Comme pour reprendre une citation d'Eleanor Roosevelt : «Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves».


Dernière édition par Elsass le Mer 22 Oct 2014, 08:37, édité 1 fois
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lefelin36
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Re: Thierry Schoen

le Mer 15 Oct 2014, 19:48
bon interview
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